pétition contre le projet de méga entrepôt à Belin

Connu il y a quelques années sous le nom d’Alibaba, le projet de pôle logistique de Belin Beliet revient sur le devant de la scène sous l’étiquette PRD, et il vient d’être approuvé par la communauté de communes malgré de sérieuses oppositions.

Ce projet est inquiétant à plus d’un titre.

Sur l’aspect hydraulique et zones humides, si la nouvelle version a revu légèrement à la baisse la surface pour « sauvegarder » une partie de la zone humide du site, elle a oublié quelques points fâcheux qui nous paraissent rédhibitoires :

  – les drains prévus sous la future plateforme, destinés à éviter le débordement de nappe sur une partie du terrain (qui va être aplani) et vont avoir comme conséquence d’abaisser la nappe sur 40 ha, ce que le projet signale bien. MAIS le projet oublie d’en tirer les conséquences, et entre autres sur les zones humides « sauvegardées » à proximité immédiate qui vont voir la nappe baisser et de fait ne seront plus humides –> point rédhibitoire

  – la répartition des débits entre les deux ruisseaux adjacents va être modifiée : le débit de la Moulette, au sud, va diminuer ; or ce ruisseau est un des rares de la région à abriter la truite fario avec des juvéniles, la diminution de son débit va les impacter très négativement –> rédhibitoire. L’autre ruisseau, la Grande Solle, à l’ouest, va voir son débit augmenter ; or elle traverse, avant de se jeter dans la Leyre, une belle tourbière déjà soumise à un début d’érosion, cette augmentation du débit va grandement augmenter cette érosion –> rédhibitoire

  – l’étude de danger indique que des produits classés dangereux pour les milieux aquatiques pourront être stockés dans l’ensemble des 8 cellules de stockage, mais il n’est rien précisé sur quels produits et quelles précautions seront prises  –> particulièrement rédhibitoire pour la qualité des eaux du Bassin, la Leyre étant toute proche du projet.

Sur l’intérêt du projet, on peut lire dans le dossier que le projet se targue d’être d’intérêt majeur en répondant aux directives du gouvernement et aux objectifs du SRADDET.

Or, si le gouvernement a bien déclaré qu’il faut développer la logistique, il a précisé (tout comme le SRADDET) que c’est pour favoriser production locale et consommation locale : mais rien n’indique dans le projet que c’est ce qu’il fera, il peut tout aussi bien (et c’est malheureusement l’hypothèse la plus probable, le projet ne donnant aucune information contraire) favoriser encore l’importation massive de produits chinois de mauvaise qualité à prix cassés, qui tuent la production française et deviennent rapidement des déchets polluant notre environnement.

Le gouvernement a ajouté que cela devait se faire avec un verdissement de la flotte, mais là encore PRD ne dit mot sur le sujet.

PRD prétend suivre les objectifs du SRADDET, qui demande à réduire les consommations d’énergie, en expliquant qu’il installera des panneaux solaires. On ne voit pas où est la réduction, PRD considère que limiter sa consommation (sous-entendu avec les efforts qu’on va faire, on va moins consommer que si on ne faisait aucun effort) sur quelque chose qui est créé en plus de l’existant équivaut à réduire la consommation globale.

Argumentaire archi-faux et présenté de manière complètement biaisée faisant croire à un lecteur rapide que le projet va apporter une réduction des nuisances existantes.

Si, comme nous, vous pensez que les risques que le projet fait courir à notre environnement sont largement supérieurs au bénéfice qu’il pourrait nous apporter, nous vous invitons à signer la pétition de La coordination Touche Pas A Ma Zone Humide :
https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/stop-mega-entrepot-val-leyre-33/274104

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Le renouvellement des ZMEL de Lège-Cap Ferret nécessite une étude d’impact

Par arrêté du 28 novembre, la préfecture a décidé, à notre grande surprise, de dispenser d’étude d’impact la demande présentée par la commune de Lège Cap-Ferret pour renouveler l’autorisation de ses zones de mouillage.

Compte tenu de la pollution causée par ces milliers de bateaux et leurs peintures antifouling, pollution formellement reconnue par les dernières études scientifiques, une sérieuse évaluation environnementale doit impérativement être réalisée en amont de cette demande.

Aussi l’ADEBA a introduit un recours gracieux (puis un recours contentieux en l’absence de réponse du préfet à ce recours gracieux) contre la décision du préfet en lui envoyant le courrier recommandé suivant :

Monsieur le Préfet,

Par arrêté préfectoral du 28 novembre 2025 portant décision d’examen au cas par cas n° 2025-005768 en application de l’article R. 122-3-1 du Code de l’environnement, vous avez décidé (article 1er) que « En application de la section première du chapitre II du titre II du livre premier du Code de l’environnement, le projet d’actualisation du dispositif d’organisation en mer de zones de mouillages et d’équipements légers sur le domaine public maritime naturel du littoral intra-bassin de la commune de Lège Cap-Ferret (33) n’est pas soumis à la réalisation d’une étude d’impact ». 

Nous, Association de Défense des Eaux du Bassin d’Arcachon, statutairement attachée à veiller aux conséquences de toute activité anthropique dans le Bassin d’Arcachon, sommes très surpris qu’une pareille dispense a pu être ordonnée, considérant, comme nous le démontrons ci-après, que le projet relève bien de l’annexe III de la directive 2014/52/UE et doit en conséquence faire l’objet d’une évaluation environnementale.

Aussi nous introduisons le présent recours gracieux aux fins de retrait de ladite décision.

En effet, les risques de pollution liés aux zones de mouillage sont importants, et ils sont bien listés dans les documents présentés par le pétitionnaire ; on y relève notamment (Annexe 2) :

3.2.1.2.3.a Concentration en métaux : « …les huîtres prélevées aux Jacquets présentent des concentrations plus préoccupantes. Les teneurs en cuivre et en nickel y dépassent régulièrement les médianes nationales…..La tendance à la hausse du cuivre dans les huîtres des zones internes du Bassin, comme aux Jacquets, est particulièrement notable. Elle pourrait être liée à plusieurs sources : peintures antisalissures, pratiques agricoles ou jardinage. Cette situation est préoccupante, car le cuivre peut avoir des effets toxiques sur les organismes marins. La PNEC (concentration sans effet nocif) pour le cuivre est très basse : 0,8 µg/L en eau marine ». 

3.2.1.2.3.b Contaminants organiques : « Les teneurs médianes 2021-2023 en fluoranthène (a priori représentatif des hydrocarbures aromatiques polycycliques) sont supérieures à la médiane nationale (1,5 à 2,4 fois) ».

4.2 – Incidences sur la qualité des milieux : « La concentration des bateaux au mouillage et leur circulation peuvent contribuer à la dégradation de la qualité de l’eau. Des contaminants tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des éléments métalliques, notamment oxyde de cuivres peuvent être libérés dans le milieu ».

4.4.2.1 Pollutions liées à la plaisance : « Les bateaux à moteur sont une source importante de pollution dans les zones littorales, surtout en période estivale. Lors de leur utilisation, ils rejettent dans l’environnement des gaz d’échappement (CO₂, CO, benzène, hydrocarbures), ainsi que des résidus d’huiles et de carburants non brûlés. Selon une étude menée par AtmoSud et le CNRS (2025), certains bateaux de plaisance peuvent émettre jusqu’à 37 fois plus de polluants qu’un véhicule automobile récent, notamment dans les 300 premiers mètres du littoral, zone particulièrement sensible. Ces substances, souvent toxiques, peuvent s’accumuler dans les organismes marins et perturber les équilibres écologiques. Le rapport RAMOGE (2023) confirme que ces rejets, combinés aux peintures antisalissures et aux eaux usées, contribuent à la dégradation des habitats marins. Le bruit généré par les moteurs thermiques constitue une autre forme de pollution ».

Toutefois, le projet reste sur des considérations générales, sans chercher à apprécier la situation locale, et propose des mesures de réduction du risque qui restent anecdotiques (40 places sans antifouling sur 2800, soit 1,4%).

Or de récentes études scientifiques réalisées par IFREMER (1) (2) (3) , non prises en compte par les rédacteurs du projet, montrent clairement :

  • que les concentrations en cuivre dissous mesurées dans les eaux du Bassin dépassent parfois 1 µg/L (1) , soit supérieures à la PNEC citée par le projet ;
  • que les concentrations en cuivre dissous et surtout labile dans la colonne d’eau sont plus élevées sur le site des Jaquets (1) ;
  • que la concentration en cuivre dans les sédiments augmente en fonction de la concentration des bateaux dans l’eau environnante, avec des concentrations plus élevées dans les zones de mouillage (1) ;
  • que les peintures antifouling sont bien la principale source anthropique du cuivre retrouvé dans les eaux du Bassin (2) ;
  • que la présence de cuivre peut affecter l’index de condition des huîtres en raison de son impact sur la composition en acides gras du phytoplancton dont elles se nourrissent (1) ;
  • que l’exposition à de plus fortes quantités de cuivre peut également directement entraver la croissance des mollusques en augmentant le coût énergétique généré par le processus de détoxication (1) ;
  • que l’effet nocif du cuivre, tant sur les huîtres que sur les zostères, est grandement amplifié par la présence d’autres contaminants, en particulier les pesticides (1) ;
  • les eaux du Bassin présentent parfois dans le secteur des Jacquets (soit dans la zone des ZMEL) des concentrations en herbicide anormalement importantes et inquiétantes (3) ;
  • que l’effet nocif du cuivre, tant sur les huîtres que sur les zostères, est grandement amplifié par l’augmentation de la turbidité, or une telle augmentation est bien constatée depuis plusieurs années (1) .

Ainsi, la pollution causée par les bateaux stationnant sur les ZMEL est-elle bien réelle, importante, et nocive pour l’environnement et les espèces.

Contrairement à ce qui énoncé dans les documents du projet, le projet est donc INCOMPATIBLE avec :

  • les objectifs de la DFS SA qui visent notamment à améliorer la gestion des eaux pour permettre la pérennisation de l’activité aquacole ;
  • les objectifs de la DCSMM qui visent notamment à limiter les pressions sur la qualité des habitats favoriser une exploitation des stocks d’huîtres au niveau de rendement maximum durable, de réduire ou supprimer les apports en contaminants chimiques dans le milieu marin et les contaminations chimiques des zones de production aquacole ;
  • les objectifs du SDAGE qui visent notamment à réduire les émissions de micropolluants, à préserver et améliorer la qualité des eaux dans les zones conchylicoles et à réduire l’impact de la plaisance et du motonautisme.

Les éléments fournis par le pétitionnaire sont donc incomplets, ils ne tiennent pas compte des connaissances disponibles à ce stade, et les conclusions du pétitionnaire sur la compatibilité du projet avec les documents de planification et d’orientation sont erronées. Le projet cause bien, de manière permanente, une pollution avérée aux eaux affectant leur richesse planctonique et perturbant le métabolisme des espèces qui y vivent, dont certaines d’importance économique, et selon ces critères il relève donc de l’annexe III de la directive 2014/52/UE.

Nous notons aussi que cette annexe prévoit également que les incidences notables probables qu’un projet pourrait avoir sur l’environnement doivent être considérées en tenant compte, entre autres, de la possibilité de réduire l’impact de manière efficace. Cela pourrait être le cas ici avec, par exemple, la mise en place et le déploiement de procédés de nettoyage des coques alternatifs à l’utilisation d’antifoulings, ou encore le développement de ports à sec en remplacement des ZMEL. Il est regrettable qu’aucune de telles mesures alternatives ne soit envisagée, ni même évoquée dans le projet.

Il apparait donc très clairement qu’outre l’obligation de respecter la réglementation applicable, une évaluation environnementale est nécessaire pour limiter la dégradation de la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon et ses conséquences sur les espèces qui y vivent et les activités associées. Cette évaluation devra évidemment prendre en compte les connaissances scientifiques les plus récentes et les actualiser ou compléter si nécessaire : ainsi l’étude (1) mentionne que ses données datent d’avant 2020 et doivent être actualisées ; elle montre aussi que la bonne compréhension de la complexité des effets cocktail nécessite des investigations complémentaires.

Dans le cas où ce recours resterait vain, l’ADEBA serait contrainte d’introduire un recours contentieux.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de nos respectueuses salutations.

pour l’ADEBA, son président Thierry Lafon

Copies :   M le Maire de Lège-Cap Ferret, M le Directeur de la DIRM, M le Directeur de la DDTM, Mme la Directrice de l’AEAG, M le Directeur du PNMBA, M le Président du CRCAA,    M le Président du CDPMEM

Sources scientifiques citées

1 « Le cuivre dans le Bassin d’Arcachon : synthèse des connaissances », publié conjointement par le SIBA et IFREMER en juin 2023

2 « Copper isotope ratios in oysters from the French Mussel Watch program confirm antifouling paints as a major source of copper in Arcachon Bay »  IFREMER dans Marine Pollution Bulletin, Volume 221, December 2025, 118503

3 « Emergent’Sea, Recherche des substances d’intérêt émergent en milieu marin », publié en 2025 par l’IFREMER, l’EPOC et l’OFB

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Le juge des référés rejette la requête de référé expertise du CRCAA mais donne suite à celle de l’ADEBA.

Suite aux déversements d’eaux usées de l’hiver 2023-2024 et à la crise sanitaire qu’ils avaient causée, l’ADEBA, outre sa plainte contre le SIBA, avait demandé un référé expertise pour faire confirmer son analyse technique du problème, analyse qui pointe principalement le mauvais état d’un réseau pluvial sacrifié au profit d’une urbanisation excessive des rivages du Bassin d’Arcachon.
Après quelques hésitations, le CRCAA, accompagné d’un groupe d’ostréiculteurs, avait également demandé un référé expertise ; cette demande était toutefois beaucoup moins ciblée et beaucoup plus large que celle de l’ADEBA puisque, abondant la thèse du SIBA qui essayait alors de rejeter la responsabilité sur les autres collectivités du bassin versant, elle mettait en cause un ensemble très étendu de collectivités et d’organismes, certains étant même en dehors du bassin versant.
Il semble que le juge des référés n’ait pas été trompé par ce qui ressemblait à une manœuvre dilatoire en rejetant par une ordonnance du 4 décembre la requête du CRCAA, mais qu’il ait bien compris l’importance du problème et la nécessité que lumière soit faite en donnant suite à la requête de l’ADEBA et en missionnant pour cela, par une ordonnance du 5 décembre, un expert chargé de se prononcer sur les causes exactes du phénomène d’inondations par ruissellement et de pollution des eaux qui a affecté le bassin d’Arcachon.

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La suspension des arrêtés assainissement du SIBA confirmée par le Conseil d’Etat !

Les arrêtés pris par le préfet de la Gironde le 28 février 2025 relatifs à l’assainissement eaux usées du SIBA avaient fait l’objet de recours en annulation et de recours suspensif, et le 20 mai, le Juge des Référés, reconnaissant la validité des arguments des associations environnementales, avait ordonné la suspension de l’exécution de ces arrêtés (voir précédents articles d’ADEBA).

L’état ayant fait appel de cette décision de suspension, l’affaire a été portée devant le Conseil d’Etat qui, par décision rendue le 24 novembre, a rejeté le pourvoi de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, confirmant ainsi la suspension des arrêtés.

C’est une belle victoire dans notre combat pour la qualité des eaux du Bassin et un bel encouragement à continuer à le mener sans faiblir.

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AG ADEBA du 25 novembre 2025

L’assemblée générale annuelle de l’ADEBA a rassemblé une soixantaine de participants qui ont pu apprendre, en guise d’introduction, la décision du Conseil d’Etat, tombée le jour même, confirmant la suspension des arrêtés assainissement pris par la préfecture le 28 février dernier et aussitôt contestés par l’ADEBA et les autres associations environnementales.

Après examen et approbation des différents points à l’ordre du jour, les participants se sont retrouvés autour d’un apéritif ostréicole.

Le journal Sud-Ouest s’est fait l’écho des vives préoccupations exprimées au cours de la réunion sur la dégradation continue des eaux du Bassin :

https://drive.google.com/file/d/1XZnoD3Ucg251beUtpBjlhDKaILuL8AkY/view?usp=sharing

Le compte rendu de l’assemblée générale est consultable sur le lien : https://drive.google.com/file/d/1SpJ-_yC0-1MruRo-9Q0tJk56MaP_Su90/view?usp=sharing

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Assemblée Générale annuelle de l’ADEBA

Les invitations sont lancées pour notre prochaine assemblée générale

mardi 25 novembre à 18h30

à la Maison des Associations, route des Bénévoles, Gujan-Mestras

Venez nombreux pour soutenir nos actions !

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Emergent’Sea

ou de l’urgence d’agir face à la pollution de la mer !

Le rapport Emergent’Sea, publié par IFREMER le 15 octobre dernier (https://archimer.ifremer.fr/doc/00956/106772/) a suscité de nombreuses réactions, en particulier celles rapportées par FR3 Nouvelle Aquitaine (https://search.app/bKgur) avec une interview du président de l’ADEBA.

L’étude Emergent’Sea avait pour but de proposer une liste de substances priorisées, car retrouvées de manière significative et/ou avec effets délétères sur plusieurs sites, qui pourraient être considérées comme pertinentes pour un suivi des eaux littorales. Il ne s’agissait donc pas d’établir un état des lieux exhaustif des pollutions des eaux marines, mais les résultats ont bien confirmé la présence généralisée dans les eaux littorales de l’hexagone d’une foule de molécules plus dangereuses les unes que les autres (herbicides, antifoulings, …).

Cette mise en lumière du mauvais état de nos eaux est une nouvelle occasion de rappeler à tous, citoyens et décideurs, la nécessité vitale de remettre en cause nos modes de consommation et d’agir à la source pour sauver notre environnement.

Et cette nécessité est d’autant plus forte qu’Emergent’Sea n’a donné qu’un éclairage très partiel de la vaste nébuleuse des polluants, que ce soit à cause de leur diversité (ainsi n’ont pas été examinées des familles comme celles de PFAS ou des nanoplastiques) ou de leur inégale répartition dans le temps et dans l’espace (ainsi la mesure du taux de cuivre dans le Bassin relevée par Emergent’Sea n’est pas du tout représentative des concentrations beaucoup plus élevées constatées en été).

Cet éternel décalage entre une sinistre réalité et l’image plus ou moins édulcorée que la société veut bien s’en donner pose clairement la question de notre rapport à la réalité ou du déni de nos nuisances.

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Avis défavorable sur le PLU de La Teste

L’ADEBA a particulièrement examiné, dans le dossier du PLU de La Teste de Buch soumis à enquête publique du 21 août au 27 septembre 2025, les dispositions prévues susceptibles d’impacter, directement ou indirectement, la qualité des eaux du Bassin, et donné un avis défavorable (observation déposée sous le n°855) en formulant un ensemble de remarques qui sont détaillés dans la note jointe, et dont les principales portent sur :

  • L’incompatibilité entre le caractère affleurant le la nappe phréatique, largement reconnu dans les documents, et la présentation de l’infiltration réaffirmée comme solution unique pour traiter les eaux de pluie à la parcelle.

Cette incompatibilité, déniée dans les prescriptions d’aménagement, conduit à provoquer ou aggraver la saturation du réseau pluvial lors des épisodes pluvieux, ce qui génère des inondations et fait déborder le réseau d’eaux usées, provoquant pollutions et contamination des coquillages.

Une correcte prise en compte du caractère affleurant de la nappe doit conduire soit à ne pas autoriser les constructions dans les zones concernées, soit à mettre en place d’autres dispositions techniques que l’infiltration à la parcelle.

  • La préservation et la restauration du réseau de crastes et fossés, présentées dans les documents comme nécessaires et importantes, et ce à juste titre compte tenu de leur rôle fondamental pour une bonne gestion quantitative et qualitative des eaux, mais trop souvent sacrifiées dans la réalité aux intérêts des aménageurs.

Les dérogations jusque-là largement accordées doivent être beaucoup plus encadrées et restreintes, et la remise en état, présentée comme seulement possible, mais pourtant nécessaire pour restaurer une bonne évacuation des eaux et réduire les inondations constatées, doit faire l’objet d’un vrai programme de mise en œuvre.

  • Le traitement trop laxiste du risque de submersion marine, sous-estimé dans son intensité (estimé selon les prévisions faites en 2010, aujourd’hui largement dépassées) et dans ses conséquences.

  • La non prise en compte de l’incidence de l’urbanisation sur la qualité des eaux.

Alors que les documents présentés reconnaissent les dégradations constatées dans la qualité des eaux et l’origine anthropique de ces dégradations, rien n’est proposé en matière d’aménagement du territoire et d’encadrement des activités humaines pour mieux contrôler et réduire les pollutions émises.

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L’ensemble des remarques détaillées, portant sur chacun des documents du dossier présenté à l’enquête publique est accessible ici : https://drive.google.com/file/d/1aoBzQWcEHPNtkpLy4VB9bmd0PXXQiVLX/view?usp=sharing

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Consultations publiques

L’été 2025 a connu plusieurs consultations publiques nous intéressant tout particulièrement :

La Stratégie de la Façade Maritime, « Restaurer la Nature », et la définition du Bon Etat Ecologique des eaux marines.

L’ADEBA a participé à ces consultations, et a invité ses membres et sympathisants à faire de même.

Les principales remarques formulées par l’ADEBA ont porté sur les points suivants :

  • Il faut cesser de vouloir « concilier le développement économique et la préservation de l’environnement », car toute économie ne peut être durable que si elle se place dans un environnement durablement préservé, à défaut elle court tôt ou tard à sa perte. La préservation de l’environnement, et trop souvent sa nécessaire restauration, doivent être la priorité bien comprise de tous.
  • L’état des eaux du Bassin est bien plus mauvais que l’image faussement rassurante donnée pas quelques indicateurs généraux inadaptés à notre contexte. La dégradation est réelle et sérieuse, ses causes sont connues, à commencer par une urbanisation excessive et un surtourisme effréné, et il est urgent d’agir vraiment sur les sources de pollution.
  • La restauration de la nature nécessite en outre une profonde et sérieuse remise en cause du modèle agricole, à commencer par une réelle (re)valorisation, à tous les niveaux, d’une agriculture respectueuse du sol, de l’eau et de la vie.
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Circonstances exceptionnelles et débordements d’eaux usées

Dans les arrêtés qu’il a signés le 28 février dernier, relatifs à l’assainissement du SIBA, le préfet a précisé que la conformité du système d’assainissement (et donc, entre autres, l’absence de débordements) s’apprécierait hors « circonstances exceptionnelles » en reprenant pour ces dernières la définition donnée par la loi (art 2.23 du décret interministériel du 21 juillet 2015).

Cette définition étant très imprécise, et le SIBA ayant déjà proposé, lors de son « Porter à connaissance » de l’été 2024, un critère particulièrement laxiste, le risque de voir le SIBA déclaré non responsable en cas de nouveaux débordement était trop grand et c’est une des raisons des recours en annulation et/ou en suspension déposés par les associations environnementales, dont l’ADEBA, contre ces arrêtés.

Lors de son dernier conseil syndical, le SIBA a décidé de demander à l’Etat de préciser cette définition.

L’ADEBA est farouchement attachée au principe du « zéro rejet dans le Bassin » mais a néanmoins bien conscience que le risque zéro n’existe pas ; aussi pensons-nous souhaitable de tout faire pour que la définition qui sera arrêtée par le préfet soit la plus protectrice possible.

Ayant remarqué

  • d’une part que l’arrêté interministériel précité stipule explicitement que « Le préfet complète les exigences fixées (dont les critères de conformité) notamment au regard des objectifs environnementaux et usages sensibles des masses d’eau réceptrices et des masses d’eau situées à l’aval »,
  • d’autre part que dans son schéma directeur pluvial le SIBA déclare protéger le territoire contre des inondations de fréquence trentennale,

l’ADEBA vient d’adresser au préfet le courrier suivant :

Monsieur le Préfet,

Le conseil syndical du SIBA a décidé, par une délibération du 23 juin dernier, de demander à l’Etat de définir et délimiter les notions de « circonstances exceptionnelles » et notamment de « catastrophes naturelles et inondations ».

Une telle clarification semble en effet nécessaire pour toutes les parties, tant pour les responsables chargés de définir et de mettre en œuvre la politique d’aménagement du territoire que pour les usagers et les populations qui doivent connaître les risques auxquels ils sont soumis.

Ceci concerne tout particulièrement les épisodes pluvieux susceptibles de provoquer la saturation du réseau pluvial, que ce soit par le ruissellement de la pluie tombée ou par la remontée de la nappe qu’elle a provoquée si le drainage de la zone est déficient, des inondations qui en résultent dans les zones urbaines et, par voie de conséquence, des entrées massives d’eaux claires parasites qui saturent le réseau d’eaux usées et provoquent son débordement.

La qualification d’« exceptionnel » a été employée à de très nombreuses reprises ces dernières années pour de tels épisodes, trop souvent pour des cas certes gênants pour les conséquences provoquées, mais néanmoins récurrents et rencontrés maintes fois au cours des dernières décennies, et le terme « exceptionnel » s’en trouve aujourd’hui complètement galvaudé ; une clarification s’impose donc. Cette clarification doit évidemment tenir compte du caractère particulièrement sensible du Bassin d’Arcachon.

Il se trouve que le SIBA, après sa prise de compétence sur le pluvial en 2018, a établi son SCHEMA DIRECTEUR DE GESTION DES EAUX PLUVIALES, voté par le conseil syndical le 18 avril 2019, document socle de la politique d’aménagement du territoire en matière de pluvial, établissant les prescriptions techniques applicables et fixant le niveau de protection du territoire contre les inondations. Ainsi précise-t-il :

« Il est important de relever qu’en matière de gestion des eaux pluviales, les ouvrages publics et les mesures compensatoires sont dimensionnés selon un certain temps de retour qui correspond aux préconisations fixées par des normes et à un compromis technico financier. Aussi, les mesures arrêtées dans le présent zonage ne permettent pas de supprimer tous les risques de débordement. Lors d’évènements de période de retour supérieure à la période de référence, des débordements subsisteront…

La 2ième version des schémas directeurs a ainsi été bâtie à partir de cet évènement d’un temps de retour estimé à 30 ans. L’ensemble des ouvrages publics et le programme de travaux ont ainsi été dimensionnés sur la base de cet évènement….permettant d’être conforme à la norme NF EN 752-2 de novembre 1996 qui préconise un temps de retour de 30 ans pour la protection des centres villes et zones industrielles. »

En conséquence, pour rester cohérent avec ces règles auxquelles on ne peut que souscrire, il apparait évident que la définition de « circonstances exceptionnelles » qui est attendue des services de l’Etat doit correspondre a minima, pour les phénomènes susceptibles de provoquer des inondations lorsque le réseau pluvial devient défaillant, à des phénomènes dont le temps de retour est au moins égal à 30 ans.

Compte tenu des évolutions attendues avec le changement climatique, il semble également pertinent de prévoir une clause de révision de cette définition dans quelques années pour tenir compte de ces évolutions.

Restant très attentifs à la préservation de notre environnement et à tout ce qui pourrait l’impacter, ……

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