Pourquoi le cuivre des antifoulings est un vrai poison pour le Bassin

On le savait depuis longtemps, mais les récentes études scientifiques réalisées par IFREMER (1) (2) (3) ont clairement confirmé que le cuivre relargué par les peintures antifoulings des milliers de bateaux stationnant sur le Bassin d’Arcachon, dans les ports et dans les ZMEL (zones de mouillage et d’équipements légers, dont celle démesurée de Lège Cap Ferret), altère gravement l’environnement du Bassin, en démontrant :

  • que les concentrations en cuivre dissous mesurées dans les eaux du Bassin dépassent parfois 1 µg/L (1) et sont alors supérieures à la PNEC (limite maximale estimée d’un polluant dans l’environnement sans risque écologique) ;
  • que les concentrations en cuivre dissous et surtout labile (facilement mobilisable) dans la colonne d’eau sont plus élevées dans les ports et dans les zones de mouillage (1) ;
  • que la concentration en cuivre dans les sédiments augmente en fonction de la concentration des bateaux dans l’eau environnante, avec des concentrations plus élevées dans les zones de mouillage (1) ;
  • que les peintures antifouling sont bien la principale source anthropique du cuivre retrouvé dans les eaux du Bassin (2) ;
  • que la présence de cuivre peut affecter l’index de condition des huîtres en raison de son impact sur la composition en acides gras du phytoplancton dont elles se nourrissent (1) ;
  • que l’exposition à de fortes quantités de cuivre peut également directement entraver la croissance des mollusques en augmentant le coût énergétique généré par le processus de détoxication (1) ;
  • que l’effet nocif du cuivre, tant sur les huîtres que sur les zostères, est de plus grandement amplifié par la présence d’autres contaminants, en particulier les pesticides (1) ;
  • que les eaux du Bassin présentent précisément, y compris dans la zone des ZMEL, des concentrations en herbicide parfois anormalement importantes et inquiétantes (3) ;
  • que l’effet nocif du cuivre, tant sur les huîtres que sur les zostères, est grandement amplifié par l’augmentation de la turbidité, or une telle augmentation est bien constatée depuis plusieurs années (1).

Le constat est clair et sans appel, mais comme trop souvent, nos décideurs politiques font bien peu de cas de ces données scientifiques pourtant incontestables et fondamentales pour l’avenir du Bassin.

Les sources scientifiques citées sont :

  • 1 « Le cuivre dans le Bassin d’Arcachon : synthèse des connaissances », publié conjointement par le SIBA et IFREMER en juin 2023
  • 2 « Copper isotope ratios in oysters from the French Mussel Watch program confirm antifouling paints as a major source of copper in Arcachon Bay »  IFREMER dans Marine Pollution Bulletin, Volume 221, December 2025, 118503
  • 3 « Emergent’Sea, Recherche des substances d’intérêt émergent en milieu marin », publié en 2025 par l’IFREMER, l’EPOC et l’OFB

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