Dans le cadre de l’enquête publique qui a eu lieu du 22/6 au 22/7/2026 sur le projet de réhabilitation des friches ostréicoles du domaine public maritime du Bassin d’Arcachon l’ADEBA a formulé les observations suivantes :
Sur le principe, l’ADEBA est évidemment favorable à la suppression des friches ostréicoles. Outre leur inesthétisme et la gêne des navigateurs inexpérimentés ou imprudents, ces friches posent un réel problème à l’ostréiculture pour qui elles sont un foyer potentiel de pathogènes ainsi qu’un compétiteur trophique.
Bien consciente des difficultés techniques posées par la réhabilitation de ces friches, l’ADEBA ne souhaite pas formuler d’observations sur la méthodologie proposée, mais attire l’attention sur le point suivant.
Une fois les déchets anthropiques enlevés, les coquilles restant sur le site sont broyées et mélangées avec le sédiment dans lequel elles se retrouvent plus ou moins enfouies. Cela représente à la fois :
- un risque que ces morceaux de coquille servent de collecteur pour les larves d’huîtres et que se recréent sur les sites réhabilités de nouveaux rochers d’huîtres sauvages,
- et peut-être une opportunité que les fragments de coquille broyés se dissolvent partiellement dans les eaux du Bassin, contribuant ainsi à freiner, ne serait-ce que modestement, la tendance générale à l’acidification des océans.
Il apparait donc particulièrement important que ces deux aspects soient attentivement suivis et fassent l’objet de rapports détaillés dans les bilans dressés après chaque opération afin que la stratégie puisse être adaptée et revue si nécessaire au cours de la réalisation du programme.
D’autre part, compte tenu de l’enjeu de ce programme pour l’environnement du Bassin, l’ADEBA demande que des associations de défense de l’environnement représentatives puissent participer au Comité de Pilotage qui pilotera le programme.
Enfin, l’ADEBA souhaite que ce nécessaire programme de réhabilitation des friches ostréicoles soit aussi l’occasion de mener une réflexion plus globale sur l’évolution du Bassin d’Arcachon et celle des paramètres qui la guident. La présence de ces friches n’est qu’un des aspects de la dégradation continue du Bassin et de son ostréiculture qui n’en finit pas de subir baisses de rendement et mortalités, mortalités que l’on constate d’ailleurs maintenant également dans les friches. A côté des actions de restauration, et sous peine de devoir enchainer à l’avenir de tels types d’action, il est urgent de lancer des actions énergiques sur les causes des dégradations imputables aux activités anthropiques.
