Bien que de nature et de portée bien différentes, les feux de forêts qui dévastent notre territoire et les débordements d’eaux usées qui le polluent ont d’importants points communs.
Bien sûr on peut penser d’abord aux conséquences qu’ils provoquent tous les deux : dégradation de l’environnement, atteintes à la santé humaine, et pertes économiques.
Mais c’est dans leurs causes, ou plus exactement dans les causes qui les rendent trop souvent incontrôlables et lourds de conséquences, que l’on trouve les similitudes les plus troublantes.
Les feux de forêt prennent une ampleur démesurée et provoquent de grands dégâts à cause de peuplements trop denses, de pare-feux insuffisants, de débroussaillements négligés, de constructions implantées dans des zones à risque, de certains choix contestables d’aménagement ; ces carences et ces mauvais choix procèdent d’un aménagement du territoire où les intérêts particuliers ont prévalu sur l’intérêt général et où la vision à court terme et le bénéfice immédiat ont prévalu sur la vision à long terme et sur l’anticipation.
Les débordements d’eaux usées deviennent quant à eux source de graves nuisances lorsque le réseau pluvial dysfonctionne, parce que les sols ne peuvent plus rien infiltrer et parce que le réseau des crastes et fossés est devenu incapable d’évacuer les eaux de pluie et de ruissellement des zones urbanisées ; cette situation résulte d’une urbanisation trop rapide, mal pensée, conduite par la spéculation immobilière, oublieuse du cycle de l’eau, et avec des choix d’aménagement également contestables : là aussi ce sont les intérêts particuliers et la facilité qui ont prévalu sur l’intérêt général et sur l’effort de préservation d’un territoire résilient.
Dans ces deux problématiques, on retrouve à la base un cadre légal et réglementaire déficient ou mal appliqué, et trop souvent bafoué.
Et, dans les deux cas, on entend après les catastrophes un discours officiel plus soucieux d’éviter de nécessaires remises en causes que de rechercher la vérité.
