En janvier et février 2026 la commune de Gujan-Mestras a encore connu d’importants débordements d’eaux usées (voir notre article du 8 mars 2026).
Lors du conseil municipal du 22 avril dernier des questions ont été posées au Maire de la commune pour connaître les actions concrètes engagées pour prévenir les débordements d’eaux usées sur la commune, les dispositifs d’urgence prévus en cas de débordement, et les garanties apportées en matière de salubrité publique et de qualité des eaux du Bassin.
Les réponses apportées par le Maire, telles que nous avons pu les écouter attentivement sur l’enregistrement public du conseil municipal, révèlent une méconnaissance inquiétante des problèmes, ce qui méritait une mise au point.
Aussi l’ADEBA a écrit au Maire, avec copie à tous les conseillers municipaux, en ces termes :
Si vous avez bien reconnu l’existence de débordements d’eaux usées et rappelé que leur principale cause est l’entrée massive d’eaux claires parasites, vous avez tout d’abord voulu donner un cours magistral sur l’immense bassin versant du Bassin d’Arcachon, « de la pointe du Médoc au fin fond des Landes », qui en serait responsable. C’est absolument faux au niveau de l’ensemble du SIBA, comme l’a encore récemment confirmé la justice, et d’autant plus faux au niveau de votre commune, dont le bassin versant se situe essentiellement sur le propre territoire de la commune. De surcroît, la commune est maintenant protégée des arrivées d’eau de l’amont par le bassin de Canterrane dont vous avez rappelé la construction.
Vous avez également cité la création de noues à Chante cigale et ajouté qu’il n’y avait maintenant plus d’inondation : cette amélioration doit être vraiment très localisée au vu des nombreux débordements qu’ont connu de nombreuses zones urbanisées de la commune cet hiver. Et l’on ne peut que douter de l’efficacité de la plupart des travaux à venir sur leur réduction, que ce soit la réfection d’une écluse à la Chêneraie ou le renforcement de la station de Perrault, qui devrait pour cela s’accompagner du renforcement concomitant de la cinquantaine de postes de refoulement que compte la commune.
En cas de nouveau débordement vous avez évoqué un dispositif de gestion de crise mais rien n’a été annoncé pour assister les riverains sinistrés. Et en guise de garantie d’amélioration de la salubrité publique et de la qualité des eaux, seul a été évoqué un vague espoir tourné vers le SIBA.
Vous avez d’ailleurs vanté pour ce dernier l’annonce en 2024 d’un programme de travaux, en employant deux mots tout à fait inappropriés : anticipation et transparence. Rappelons simplement que ce programme est sorti après les contaminations de février 2021 et de décembre 2023, le mot anticiper aurait été permis si ce programme avait permis d’éviter ces contaminations. Quant au mot transparence, il ne saurait être de mise que lorsqu’il ne sera plus nécessaire de faire appel à la justice pour obtenir des réponses aux questions posées au SIBA pour qu’il fasse partager son analyse du problème.
Enfin, il est regrettable que pas un mot n’ait été dit sur des pistes d’amélioration à rechercher sur la manière d’aménager et de développer le territoire. C’est pourtant là que réside le nœud du problème. Les eaux claires qui envahissent le réseau d’eaux usées de Gujan-Mestras naissent à Gujan-Mestras et il faut se poser la question de leur non évacuation par le réseau pluvial de la commune. Outre les capacités de ce réseau, fortement réduites par la suppression des fossés lors des dernières décennies, se pose la question, pour l’infiltration à la parcelle toujours préconisée sans discernement, des limites posées par l’affleurement hivernal de la nappe. Il est ainsi anormal, et contraire aux dispositions réglementaires, que les permis de construire délivrés par la mairie ne mentionnent pas explicitement le niveau maximum du toit de la nappe, établi de manière sérieuse et impartiale, et n’en tiennent a fortiori pas compte dans les dispositions préconisées pour le traitement des eaux pluviales. Il ne faut donc pas s’étonner de l’important afflux des eaux de pluie qui ne peuvent pas s’infiltrer comme espéré, et de l’apparente inefficacité des travaux réalisés par ailleurs ; la stricte application de règles d’aménagement vertueuses et responsables est un préalable indispensable qu’il convient d’imposer en priorité.
Suite à la diffusion de ce courrier, l’ADEBA a reçu un message de soutien de l’Association Chante Cigale Environnement accompagné d’un reportage photo édifiant sur les inondations ayant touché leur quartier en février dernier, preuve supplémentaire de la piètre efficacité des travaux vantés par le Maire.
Le problème des débordements d’eaux usées n’est malheureusement pas près d’être réglé …
